Carnaval d'Oruro 2008

©Photos: Carlos Terrazas Orellana/Ed. Terra


Le carnaval proprement dit commence le samedi qui précède le mardi gras, mais au fil des années, de nouvelles festivités – bals, concerts, banquets, concours de danse, expositions de peinture – sont venues s’ajouter aux premières et, dès la semaine précédente, le départ du carnaval a déjà été donné de multiples façons.

Le samedi a lieu la grande entrée traditionnelle du carnaval, magnifique défilé d’orchestres de cuivres tonitruants et de groupes folkloriques traversant toute la ville pour atteindre le sanctuaire de la Vierge du Socavón. La nuit se passe en veillées traditionnelles dédiées à la Vierge dans chacun des sièges sociaux des groupes folkloriques participant au carnaval. A 4 h du matin, le dimanche, les groupes se dirigent de nouveau vers le sanctuaire pour y effectuer le Salut à l’Aube. De nombreuses messes ont ensuite lieu, suivies de danses et surtout du Grand Corso du dimanche de carnaval. Tous les groupes parcourent la ville sur des chars somptueusement décorés, précédant les associations, clubs de jeunes et autres groupements que compte la ville, chacun ayant mis au point son propre numéro et confectionné ses propres costumes. Beaucoup de participants suivent également à titre individuel ce défilé, vêtus eux aussi de déguisements où ils ont exprimé toute leur imagination et leurs rêves.

La Diablada, danse des diables, est un véritable ballet de rue, tant par l’élasticité de ses sauts que par la subtilité de ses figures, souvent chargées de symboles. Les costumes brillent de mille petits miroirs, pierres incrustées et paillettes. Une ceinture faite de dizaines de pièces d’argent orne la taille de chaque diable botté de rouge et blanc. N’est-ce pas le souvenir des atrocités et des péchés que commirent les conquistadors pour s’approprier le précieux métal ? Les masques de plâtre peints et décorés de pierres brillantes représentent le sommet de l’imagination et de l’artisanat local. Ces faces grimaçantes et cornues, pesantes et fragiles, forment la pièce maîtresse du costume et les danseurs ne les abandonnent qu’à la fin de leur spectacle, lorsqu’ils viennent une dernière fois saluer le public.