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BOLIVIE: FESTIVAL DE LA D
Carnaval d'Oruro 2008

 ©Photos: Carlos Terrazas Orellana/Ed. Terra
 
 

 

 
Le carnaval proprement dit commence le samedi qui précède le mardi gras, mais au fil des années, de nouvelles festivités – bals, concerts, banquets, concours de danse, expositions de peinture – sont venues s’ajouter aux premières et, dès la semaine précédente, le départ du carnaval a déjà été donné de multiples façons.
 

 
Le samedi a lieu la grande entrée traditionnelle du carnaval, magnifique défilé d’orchestres de cuivres tonitruants et de groupes folkloriques traversant toute la ville pour atteindre le sanctuaire de la Vierge du Socavón. La nuit se passe en veillées traditionnelles dédiées à la Vierge dans chacun des sièges sociaux des groupes folkloriques participant au carnaval. A 4 h du matin, le dimanche, les groupes se dirigent de nouveau vers le sanctuaire pour y effectuer le Salut à l’Aube. De nombreuses messes ont ensuite lieu, suivies de danses et surtout du Grand Corso du dimanche de carnaval. Tous les groupes parcourent la ville sur des chars somptueusement décorés, précédant les associations, clubs de jeunes et autres groupements que compte la ville, chacun ayant mis au point son propre numéro et confectionné ses propres costumes. Beaucoup de participants suivent également à titre individuel ce défilé, vêtus eux aussi de déguisements où ils ont exprimé toute leur imagination et leurs rêves.


La Diablada, danse des diables, est un véritable ballet de rue, tant par l’élasticité de ses sauts que par la subtilité de ses figures, souvent chargées de symboles. Les costumes brillent de mille petits miroirs, pierres incrustées et paillettes. Une ceinture faite de dizaines de pièces d’argent orne la taille de chaque diable botté de rouge et blanc. N’est-ce pas le souvenir des atrocités et des péchés que commirent les conquistadors pour s’approprier le précieux métal ? Les masques de plâtre peints et décorés de pierres brillantes représentent le sommet de l’imagination et de l’artisanat local. Ces faces grimaçantes et cornues, pesantes et fragiles, forment la pièce maîtresse du costume et les danseurs ne les abandonnent qu’à la fin de leur spectacle, lorsqu’ils viennent une dernière fois saluer le public.
 
 
 
Danse de morenos et negritos

D’autres ballets mettent en scène des témoins du passé bolivien. Les Morenos et les Negritos sont la réminiscence des esclaves noirs amenés d’Afrique pour travailler dans les mines (les Morenos) ou dans les Yungas (les Negritos). Les premiers sont vêtus de lourds costumes pesant parfois 20 kg et plus, incrustés de pierres et de broderies de couleurs vives, et portent un masque noir aux lèvres épaisses et aux yeux ronds. Les seconds, supposés venir des vallées presque tropicales, n’ont que des vêtements légers très colorés, peu décorés, mais ils défilent avec de grands chapeaux de paille, des instruments de musique typiques (calebasses remplies de cailloux) et leur visage est simplement barbouillé de noir. 
 

 
©Extraits du Guide de Bolivie, Ed. Terra
©Photos: Carlos Terrazas Orellana 
 

 
Les Waca-Tockoris miment les Espagnols et les corridas de taureaux qu’ils importèrent en Amérique au temps de la colonie. Les Espagnols bedonnants, habillés à la mode occidentale de l’époque, portent des masques aux yeux féroces et à la moustache fournie. Ils manient de longues épées. Des « taureaux » et des « chevaux » aux imposants masques font partie du même spectacle.

 
Les Llameros représentent les Indiens de l’Altiplano et leurs troupeaux de lamas, tandis que les Tobas représentent les Indiens de la forêt et dansent en bondissant le plus haut possible, en souvenir des incursions passées des peuples orientaux contre les autochtones aymaras de la région.
 
Dans tous les groupes, les hommes, les femmes et même les enfants jouent admirablement leur rôle, tous somptueusement déguisés, heureux et fiers de participer au carnaval.